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Pratiquepar Mathieu · · 5 min de lecture

J’ai épluché 73 sites de commerçants. Voilà ce qui cloche (et ce n’est pas votre faute)

Un sur deux mal fichu sur téléphone, un sur trois avec des statistiques mortes : ce que j’ai trouvé sur 73 sites de commerçants à Nantes et à Paris.

Au sommaire
  1. Un site sur deux souffre sur téléphone
  2. Un sur trois a des statistiques qui ne comptent plus rien
  3. Le cadenas qui manque
  4. Le site qui vit dans le passé
  5. Ce qui casse sans prévenir
  6. La lenteur, la vraie
  7. Pourquoi ce n’est pas votre faute
  8. Le test en cinq minutes

Depuis quelques semaines, j’ai une activité un peu bizarre : je visite des sites de commerçants, d’artisans et de restaurants à Nantes et à Paris, je note ce qui ne va pas, et parfois je refais le site sans rien demander à personne. (Oui, je sais. C’est un peu tout le concept.)

73 sites plus tard, j’ai un carnet plein de notes. Petite précision avant de commencer : ce n’est pas un sondage. J’ai choisi ces sites justement parce qu’ils avaient l’air d’avoir pris un coup de vieux, et je n’ai noté que deux ou trois problèmes par site, les plus visibles. Ces chiffres disent donc surtout « voilà les pièges dans lesquels on tombe le plus souvent ». Et ils reviennent tellement qu’ils méritent un article.

Un site sur deux souffre sur téléphone

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sites ne s’affichent pas correctement sur un téléphone : en tout petit, coupés, ou avec le zoom bloqué.

Certains s’affichent en version ordinateur réduite, et il faut zoomer pour lire les horaires. D’autres s’adaptent bien à l’écran, mais bloquent le zoom, ce qui est presque pire quand on n’a plus ses yeux de vingt ans.

Le souci, c’est que vos clients vous cherchent d’abord sur leur téléphone, souvent dans la rue, souvent pressés. Regardez la différence :

La même boulangerie (imaginaire), avant et après. À gauche, on pince et on cherche ; à droite, les horaires et le bouton « Appeler » sont là tout de suite.

S’ils doivent pincer l’écran pour trouver votre numéro, ils appellent le voisin.

Un sur trois a des statistiques qui ne comptent plus rien

23sur 73

sites chargent encore l’ancienne version de Google Analytics, que Google a arrêtée en juillet 2023.
plus rien depuis 2023 R.I.P. Universal Analytics 2012 – 2023

Elle est toujours là, dans le code, mais elle ne mesure plus rien depuis plus de trois ans. Si quelqu’un vous a installé des statistiques il y a longtemps et que vous ne les regardez plus, c’est normal : il n’y a plus rien à regarder.

Le cadenas qui manque

13sur 73

sites ont un problème de connexion sécurisée : pas de HTTPS, un certificat qui n’est pas le bon, ou pas de bascule vers la version sécurisée.
Non sécurisé un certificat, c’est gratuit (ou presque)

Selon les cas, le navigateur affiche « Non sécurisé » à côté de votre adresse, ou carrément une page d’avertissement. Pas idéal pour inspirer confiance, alors qu’un certificat est aujourd’hui gratuit chez la plupart des hébergeurs.

Le site qui vit dans le passé

C’est ma catégorie préférée, parce que c’est la plus attachante. Sur 15 sites, j’ai trouvé une date ou une info qui n’a plus cours : un pied de page figé en 2011, une promo de l’an dernier toujours en vitrine, un encadré Covid toujours affiché, un événement du printemps annoncé en plein automne, une maison « actuellement en construction » depuis bien longtemps, ou un bouton qui mène vers Google+, fermé en 2019.

© pied de page 2011 Nouveau !
Le pied de page, ce calendrier qu’on oublie de tourner.

Rien de grave en soi. Mais un visiteur qui tombe dessus se pose une question très simple :

Est-ce que c’est encore ouvert ?

Ce qui casse sans prévenir

Sur 8 sites, quelque chose est cassé : une image qui ne s’affiche plus (parfois la grande, celle de l’accueil), un lien qui mène à une page d’erreur, des conditions de vente introuvables alors qu’on vend en ligne.

Deux sites affichent encore des animations Flash, une technologie que plus aucun navigateur ne lit depuis 2021. À la place, un cadre gris :

Le plug-in n’est plus compatible ci-gît une animation d’accueil
Ce que voient vos visiteurs à la place de l’animation.

Et un site avait été piraté, avec des liens vers des sites de fausses montres glissés en bas de page, sans que son propriétaire le sache.

La lenteur, la vraie

J’ai chronométré les six sites les plus lents avec Lighthouse, l’outil de Google, sur un téléphone en 4G simulé. Record de poids : une page d’accueil de 24 Mo, parce que les photos y sont envoyées en taille d’origine.

Secondes pour afficher la page d’accueil sur un téléphone en 4G
  1. Site n° 164 s
  2. Site n° 249 s
  3. Site n° 324 s
  4. Site n° 420 s
  5. Site n° 515 s
  6. Site n° 69 s
  7. Une de mes maquettes1,4 s

Pour comparer, Google a estimé il y a quelques années que plus de la moitié des visiteurs sur mobile abandonnent une page qui met plus de trois secondes à s’afficher.

Pourquoi ce n’est pas votre faute

Ces sites ont souvent été faits il y a dix ou quinze ans, parfois très bien, à une époque où le téléphone servait surtout à téléphoner. Depuis, le web a changé ses règles plusieurs fois, sans prévenir personne :

  1. 2007

    Le premier iPhone : le web tient dans la poche.

  2. 2015

    Google commence à favoriser les sites adaptés au téléphone.

  3. 2018

    Chrome affiche « Non sécurisé » sur tous les sites sans HTTPS.

  4. 2019

    Google+ ferme ses portes.

  5. 2020

    Fin de Flash : les animations deviennent des cadres gris.

  6. 2023

    Fin de l’ancien Google Analytics.

Personne ne vous a prévenu, et c’est normal : votre métier, c’est de faire tourner votre boutique, pas de lire les notes de version de Chrome.

Le test en cinq minutes

Prenez votre téléphone (pas votre ordinateur)

Tout est coché ? Bravo, vous êtes une exception dans mon carnet.

Sinon, pas de panique : la plupart de ces problèmes se règlent en quelques heures, pas en quelques mois.

Et si vous tombez sur une animation Flash, écrivez-moi. Je commence une collection.

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