Pratiquepar Mathieu · · 5 min de lecture
J’ai épluché 73 sites de commerçants. Voilà ce qui cloche (et ce n’est pas votre faute)
Un sur deux mal fichu sur téléphone, un sur trois avec des statistiques mortes : ce que j’ai trouvé sur 73 sites de commerçants à Nantes et à Paris.
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Depuis quelques semaines, j’ai une activité un peu bizarre : je visite des sites de commerçants, d’artisans et de restaurants à Nantes et à Paris, je note ce qui ne va pas, et parfois je refais le site sans rien demander à personne. (Oui, je sais. C’est un peu tout le concept.)
73 sites plus tard, j’ai un carnet plein de notes. Petite précision avant de commencer : ce n’est pas un sondage. J’ai choisi ces sites justement parce qu’ils avaient l’air d’avoir pris un coup de vieux, et je n’ai noté que deux ou trois problèmes par site, les plus visibles. Ces chiffres disent donc surtout « voilà les pièges dans lesquels on tombe le plus souvent ». Et ils reviennent tellement qu’ils méritent un article.
Un site sur deux souffre sur téléphone
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Certains s’affichent en version ordinateur réduite, et il faut zoomer pour lire les horaires. D’autres s’adaptent bien à l’écran, mais bloquent le zoom, ce qui est presque pire quand on n’a plus ses yeux de vingt ans.
Le souci, c’est que vos clients vous cherchent d’abord sur leur téléphone, souvent dans la rue, souvent pressés. Regardez la différence :
S’ils doivent pincer l’écran pour trouver votre numéro, ils appellent le voisin.
Un sur trois a des statistiques qui ne comptent plus rien
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Elle est toujours là, dans le code, mais elle ne mesure plus rien depuis plus de trois ans. Si quelqu’un vous a installé des statistiques il y a longtemps et que vous ne les regardez plus, c’est normal : il n’y a plus rien à regarder.
Le cadenas qui manque
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Selon les cas, le navigateur affiche « Non sécurisé » à côté de votre adresse, ou carrément une page d’avertissement. Pas idéal pour inspirer confiance, alors qu’un certificat est aujourd’hui gratuit chez la plupart des hébergeurs.
Le site qui vit dans le passé
C’est ma catégorie préférée, parce que c’est la plus attachante. Sur 15 sites, j’ai trouvé une date ou une info qui n’a plus cours : un pied de page figé en 2011, une promo de l’an dernier toujours en vitrine, un encadré Covid toujours affiché, un événement du printemps annoncé en plein automne, une maison « actuellement en construction » depuis bien longtemps, ou un bouton qui mène vers Google+, fermé en 2019.
Rien de grave en soi. Mais un visiteur qui tombe dessus se pose une question très simple :
Est-ce que c’est encore ouvert ?
Ce qui casse sans prévenir
Sur 8 sites, quelque chose est cassé : une image qui ne s’affiche plus (parfois la grande, celle de l’accueil), un lien qui mène à une page d’erreur, des conditions de vente introuvables alors qu’on vend en ligne.
Deux sites affichent encore des animations Flash, une technologie que plus aucun navigateur ne lit depuis 2021. À la place, un cadre gris :
Et un site avait été piraté, avec des liens vers des sites de fausses montres glissés en bas de page, sans que son propriétaire le sache.
La lenteur, la vraie
J’ai chronométré les six sites les plus lents avec Lighthouse, l’outil de Google, sur un téléphone en 4G simulé. Record de poids : une page d’accueil de 24 Mo, parce que les photos y sont envoyées en taille d’origine.
Pour comparer, Google a estimé il y a quelques années que plus de la moitié des visiteurs sur mobile abandonnent une page qui met plus de trois secondes à s’afficher.
Pourquoi ce n’est pas votre faute
Ces sites ont souvent été faits il y a dix ou quinze ans, parfois très bien, à une époque où le téléphone servait surtout à téléphoner. Depuis, le web a changé ses règles plusieurs fois, sans prévenir personne :
- 2007
Le premier iPhone : le web tient dans la poche.
- 2015
Google commence à favoriser les sites adaptés au téléphone.
- 2018
Chrome affiche « Non sécurisé » sur tous les sites sans HTTPS.
- 2019
Google+ ferme ses portes.
- 2020
Fin de Flash : les animations deviennent des cadres gris.
- 2023
Fin de l’ancien Google Analytics.
Personne ne vous a prévenu, et c’est normal : votre métier, c’est de faire tourner votre boutique, pas de lire les notes de version de Chrome.
Le test en cinq minutes
Prenez votre téléphone (pas votre ordinateur)
Tout est coché ? Bravo, vous êtes une exception dans mon carnet.
Sinon, pas de panique : la plupart de ces problèmes se règlent en quelques heures, pas en quelques mois.
Et si vous tombez sur une animation Flash, écrivez-moi. Je commence une collection.